Les partitions oubliées
À Meadow Brook, Isaac Stern arrive au concert sans ses partitions. On envoie le jeune Pommier les chercher à l'hôtel, à vingt minutes de là. Il se gare au bord de la scène, et les 10 000 spectateurs lui font une ovation.
Des moments qui en disent plus qu'une liste de dates.
À Meadow Brook, Isaac Stern arrive au concert sans ses partitions. On envoie le jeune Pommier les chercher à l'hôtel, à vingt minutes de là. Il se gare au bord de la scène, et les 10 000 spectateurs lui font une ovation.
Un soliste de la Northern Sinfonia se désiste peu avant le concert. Pommier ne s'en émeut pas : « Alors, on joue ensemble », dit-il, avant de s'asseoir au clavier et de jouer le concerto en dirigeant lui-même l'orchestre.
Sofia, entracte de son premier Concerto en sol de Ravel. Un homme vient en coulisses et lui parle en français. Pommier reconnaît le visage de ses étés d'enfance à Prades : Eugene Istomin. Celui-ci l'invite à jouer pour lui à la salle Bulgaria. Quarante ans d'amitié suivront.
À Moscou, le jeune homme de dix-sept ans joue Mozart et Rodion Chtchedrine. Il n'obtient pas le premier prix, mais Nikita Khrouchtchev, qui a beaucoup aimé l'un et l'autre, vient l'embrasser. Michel Béroff, lui aussi élève de Pierre Sancan, a raconté l'histoire soixante ans plus tard.
Istomin rêvait de jouer en Chine. Pommier le met en relation avec André Malraux, qui plaide sa cause auprès de Zhou Enlai et de Mao Zedong.
Rachmaninov a écrit sa Deuxième Sonate pour des mains immenses. Celles de Pommier ne l'étaient pas. Il réécrit les doigtés à sa mesure, une solution qui impressionne Istomin, lequel le comparait à William Kapell pour son exigence et son impatience.
Pour certains enregistrements, il quitte les studios pour l'abbaye cistercienne de Fontfroide, près de Narbonne, à quelques kilomètres de là où il a grandi.
Son père l'emmène enfant aux concerts du festival de Prades, et là il joue pour les pianistes de passage : pour Horszowski, pour Haskil, pour Kapell. Le seul pour qui il ne joue pas est Eugene Istomin. Ils ne se rencontreront qu'à Sofia, plus de dix ans plus tard.
Après l'avoir entendu à la salle Bulgaria, Istomin l'emmène déjeuner, puis à la réception donnée en son honneur à l'ambassade des États-Unis. Le jeune Français se souviendra de l'atmosphère de la soirée mieux que de ce qui s'y est dit : on pouvait imaginer, disait-il, qu'il y avait des micros partout.
À Meadow Brook, Istomin, Stern et Rose amènent chacun leur meilleur élève : Zukerman, Harrell et Pommier. Un mois durant, les jeunes musiciens et leurs aînés vivent comme une seule famille. Au trio, en répétition comme en concert, Pommier est le tourneur de pages.
Istomin ne cessait de louer son don pour apprendre et mémoriser vite n'importe quelle partition, l'étendue de son répertoire et sa direction d'orchestre. Eugene Ormandy lui avait légué une paire de boutons de manchette ; Istomin les offrit à Pommier. Jouer un concerto sous sa direction était, disait-il, l'un de ses plus grands plaisirs.
La leçon allait dans les deux sens. Istomin trouvait en Pommier quelque chose de William Kapell : aussi exigeant, aussi vif, voulant tout s'expliquer. Et le jeune homme poussait son aîné à son tour : prendre soin de ses mains, noter ses doigtés, élargir ses programmes de récital.
Quand ils se rencontrent, Pommier n'a jamais entendu les concertos de Tchaïkovski et de Rachmaninov qu'Istomin avait enregistrés quelques années plus tôt. Il les découvre et en reste sans voix. Dans le Rachmaninov, pensait-il, Istomin avait atteint les limites mêmes de la virtuosité.
Le dernier grand projet d'Istomin fut un hommage à Paul Paray. En juin 2000, Pommier vient diriger à Budapest : la Fantaisie de Paray avec Istomin au piano, puis la Deuxième Symphonie et la Symphonie d'archets. Aux mêmes séances, Istomin enregistre sous sa direction le Troisième Concerto de Beethoven et le K. 271 de Mozart. Presque rien n'a jamais paru.
Une jeune femme joue Chopin dans sa classe de Codarts, à Rotterdam. C'est virtuose, et le piano ne sonne pas. Quand elle a fini, il demande ce qui se passe, puis : as-tu peur ? ne te prends-tu pas au sérieux ? Elle se réinstalle sur le tabouret, écoute un instant le silence autour de l'instrument, et recommence. Cette fois, le son emplit la salle.
Quand l'élève a rejoué, il fait de l'instant la leçon. Que s'est-il passé, demande-t-il à la classe, et qui peut expliquer pourquoi, cette fois, le piano a bien voulu sonner ? Il n'attend pas la réponse : la question, dit-il, ne se répond pas vraiment. Il y a une dimension qui enveloppe tout, et seule l'attention permet de l'intégrer à nos actes.
Il arrive à Newcastle en 1975 comme chef invité, pour préparer des concerts en France, et l'orchestre ne le connaît pas. Dans ces premières années, il ne dispose que d'un anglais rudimentaire. Cela ne change rien : très vite, les musiciens voient un chef sûr et parfaitement clair sur ce qu'il veut, et qui le dit avec les mains.
1999 devait être sa dernière année officielle à la Northern Sinfonia. Quatre musiciens de l'orchestre ne s'y résignent pas et trouvent le moyen de le faire revenir : Musikè, son académie d'été itinérante pour étudiants avancés et jeunes professionnels, qu'ils installent à Durham. Avec quatre autres solistes, il y enseigne le violon, l'alto, le violoncelle, le hautbois et le piano, et donne des concerts de musique de chambre pour les élèves. L'aventure reprend en 2001, puis chaque année pendant dix ans.
Il était d'une exigence sans relâche avec son orchestre, et ses musiciens lui donnaient raison. Il était aussi un Languedocien parmi les Britanniques. S'il croyait avoir blessé quelqu'un, il s'excusait aussitôt, avec son sourire tout prêt.
Au modeste conservatoire régional de Poitiers, un étudiant passe son examen de fin d'études de piano devant un jury de trois des plus brillants jeunes pianistes français : Michel Béroff, Jean-Bernard Pommier et André Gorog. Cet étudiant, Jean-Pierre Rousseau, dirigera plus tard l'Orchestre philharmonique royal de Liège et le Festival Radio France de Montpellier. Il a redit ce souvenir le jour de la mort de Pommier.
Deux exécutions ne survivent que sous forme de bandes d'archives de l'INA, diffusées une seule fois dans une rétrospective de France Musique et nulle part ailleurs : le Totentanz de Liszt avec l'Orchestre de Paris sous la direction de Serge Baudo en 1981, et le Premier Concerto pour piano de Rachmaninov avec le Nouvel Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Stanisław Skrowaczewski en 1982. Aucune des deux n'a jamais été éditée dans le commerce.
Il est venu tard à l'enseignement, et l'a longtemps gardé privé : quelques élèves venaient chez lui de temps à autre, et c'était tout. Puis Rotterdam lui demande d'aider à développer son conservatoire, et il accepte : c'est son premier engagement dans une institution. Puis David Lively l'invite à l'École Normale. Ce qui l'a touché, disait-il, c'est l'invitation elle-même.
Pourquoi les trente-deux sonates ? Il disait ne pas vraiment le savoir. Un artiste ne choisit pas tout dans sa vie ; une œuvre vient à vous, et un guide invisible vous prend la main et vous y conduit. Et puis c'est comme une montagne. La montagne est là. On y va parce qu'elle est là. Si elle n'était pas là, on irait ailleurs.
Avait-il des préférées parmi les sonates ? C'est comme dans une famille, répondait-il : on a du mal à préférer un enfant à un autre, et pourtant la vie fait qu'on vit avec l'un plus qu'avec l'autre. Toute sa vie, disait-il, il s'était attaché à jouer la part méconnue du corpus, parce qu'il avait toujours eu en tête qu'un jour il les jouerait toutes.
Il avait toujours tout joué de mémoire. Un jour il posa la question de la partition à l'un des pianistes qu'il appelait ses dieux, et l'homme s'en emporta presque : il faisait distribuer au public un petit feuillet expliquant qu'il ne voulait pas que la peur du trou de mémoire s'interpose entre la musique et ceux qui étaient venus l'entendre. Si quelqu'un se plaint que vous ayez la partition, disait-il, rendez-lui son billet.
Au bistrot parisien Au Clairon des Chasseurs, personne ne s'étonne qu'un habitué s'installe au piano et joue. Un garçon bien français, petit, cheveux noirs bouclés, yeux bruns vifs, habillé comme tout le monde, col ouvert et manches retroussées. Il a dix-huit ans, et quelques semaines plus tôt Khrouchtchev l'embrassait à Moscou.
Sept semaines durant, après le début de la guerre du Kippour, l'Orchestre philharmonique d'Israël joue sur les bases aériennes et dans les hôpitaux, avec Mehta, Stern, Zukerman, Barenboim et Danny Kaye. Le jeune pianiste français est du nombre, et rien ne peut le décider à quitter le pays tant qu'il peut y être utile. Certaines œuvres doivent être retirées des programmes : des percussionnistes de l'orchestre sont au front.
Au terme d'une longue tournée soviétique, le violoniste néerlandais Theo Olof marche sur la Neva gelée et se perd dans l'Ermitage. Rentré à l'hôtel, il y rencontre le jeune pianiste français Pommier et dîne avec une basse d'opéra roumaine. Tous trois conversent en russe, parce que le russe était ce qu'ils avaient en commun.
Interrogée sur ce qui fait grandir un musicien, Olga Martinova parle de la terre qui nourrit, puis désigne son compagnon comme cette terre. Ils avaient passé des heures et des heures à jouer ensemble et à parler de musique sans fin, et elle riait à l'idée qu'ils fussent toujours d'accord. Au bout du compte, disait-elle, c'est la musique elle-même qui montre ce qu'il faut faire.
Istomin passe deux semaines en Bulgarie en 1963 comme ambassadeur culturel. De ces quinze jours naissent trois amitiés qui dureront toute sa vie : avec le chef Jerzy Semkow, avec l'ambassadrice Eugenie Anderson, et avec Jean-Bernard Pommier, dix-huit ans.
En 1986, Istomin fonde le Concours William Kapell et réunit un jury venu de tout le monde pianistique américain : Ax, Kuerti, Orozco, Graffman, Magaloff, Browning. Le seul Français de la liste est Pommier, vingt ans après avoir été le garçon qui tournait les pages au trio d'Istomin.
Sa première professeure, dit-il à ses hôtes russes en 1962, était Madame Kozlova, russe d'origine et formée au Conservatoire de Kharkiv. C'est avec elle, tout enfant, qu'il joue pour la première fois en public, dans le Concerto en la majeur de Mozart. Il reviendra en Union soviétique pendant vingt ans.
En 1983, cinq anciens élèves de Pierre Sancan se retrouvent à La Roque d'Anthéron pour un concert en hommage à leur maître : Abdel Rahman El Bacha, Michel Béroff, Jean-Bernard Pommier, Jean-Philippe Collard et Emile Naoumoff. Une photographie les montre tous les cinq auprès de Sancan.
Trente ans plus tard, ce qui revenait à ceux qui avaient fait ses disques n'était pas la carrière mais les lieux : le Debussy gravé à Abbey Road, les concertos de Mozart enregistrés à Varsovie, et le petit studio qu'on l'avait laissé aménager pour lui à l'abbaye de Fontfroide.
Son père, Robert Pommier, est organiste à la Madeleine de Béziers. Un dimanche, après l'office, on repart sans le dernier des garçons et on le cherche partout. Puis le père entend l'orgue résonner, remonte à la tribune et découvre l'enfant de quatre ans, les mains sur le clavier.
Dès le lendemain, son père emmène le huitième de ses enfants chez Mina Koslova, pianiste juive russe réfugiée à Béziers pendant la guerre. De quatre à onze ans, elle le fait travailler trois heures par jour chez elle. À sept ans, il donne son premier concert avec elle au second piano, dans la version à deux pianos du K. 488 de Mozart. Il disait lui devoir tout.
Le piano de son intégrale Beethoven était le sien : un Steinway choisi à Hambourg en 1989, à la barbe d'Alfred Brendel, qui regardait le même instrument. Il aimait le rappeler, et le rappelait avec malice.
À la deuxième de ses huit soirées Beethoven salle Gaveau, un chroniqueur remarque dans la salle le pianiste Michel Dalberto, venu écouter parmi le public. Un signe, écrit-il, qui ne trompe pas.
Claude Bolling écrit sa Sonate pour deux pianistes pour deux musiciens venus de mondes différents : un pianiste de jazz et un pianiste classique. Le classique, c'est Pommier, dix ans après Moscou. À sa parution, l'animateur et critique Frank Ténot salue dans ce disque la rencontre historique du piano classique et du piano jazz.
Présentant une soirée toulousaine où le jeu de Pommier dans Fauré, Debussy et Ravel dialogue avec des lectures de Colette, le comédien Olivier Bellamy explique que le concert était une idée de Pommier lui-même.
Dans ses mémoires, le violoniste Alexander Schneider, qui avait organisé les festivals de Casals, cite deux lieux de France où il avait le plus aimé jouer des sonates avec Eugene Istomin et avec Jean-Bernard Pommier : la petite chapelle du château de Reux, en Normandie, où il animait un festival chaque année, et Les Treilles, près de Tourtour, dans le Var.
En janvier 1997, la Filarmonica di Torino déplace un concert d'abonnement à l'Auditorium de la piazza Rossaro, et quelques habitués arrivent essoufflés du Conservatoire, juste à temps. Au pupitre, Jean-Bernard Pommier ; au piano, dans le Concerto K. 467 de Mozart, Eugene Istomin, venu le trouver en coulisses à Sofia trente-quatre ans plus tôt. Le titre de La Stampa le dit en cinq mots : l'élève dirige le maître.
Les musiciens de Turin l'avaient dit l'année d'avant : parmi les chefs qu'ils préféraient, deux noms revenaient, le bien-aimé Carlo Maria Giulini et Jean-Bernard Pommier, le pianiste devenu une vraie révélation au pupitre. Le 20 juin 1997, en répétant Brahms au Teatro Regio, Giulini, quatre-vingt-trois ans, est pris d'un malaise. L'orchestre appelle Pommier, qui dirige le 25 juin le concert du Lingotto clôturant la saison. Le lendemain, La Stampa titre qu'il est la vraie âme de Brahms.
Pendant le cycle Beethoven de Daniel Barenboim avec l'Orchestre de Paris, à l'hiver 1977, où Pommier joue les concertos pour piano, Le Monde interroge le Premier ministre, Raymond Barre, sur le concert auquel il avait assisté le jeudi soir. Il l'avait beaucoup aimé, dit-il, et le pianiste avait su rendre les accents mozartiens du Premier Concerto.
Pour les vingt ans des Rencontres musicales d'Évian, Marta Istomin, directrice générale du festival, lui demande de réunir un orchestre de jeunes. Il rassemble une dizaine d'amis, solistes des orchestres nationaux et professeurs, dont Maurice Bourgue et Bruno Pasquier, et au lieu de faire répéter de l'extérieur les quatre-vingts élèves, ils jouent parmi eux, en professionnels. Bourgue dit y avoir retrouvé les émois de ses vingt-huit ans, quand il est entré à l'Orchestre de Paris. Cinq ans plus tard, la même idée, et quelques-uns des mêmes amis, deviendront l'académie Musikè.
L'enfant qui avait joué pour Horszowski et Haskil à Prades y revient en août 1975, à trente ans, pour diriger le concert de clôture du festival de Casals avec la Northern Sinfonia : la Symphonie Haffner de Mozart, son Concerto K. 459 et la Symphonie n° 99 de Haydn. Le Monde, notant qu'il était jusque-là surtout connu comme pianiste, relève ce programme pour deux partitions admirables et fort peu connues.
Selon une note de programme du magazine turc Jazz Dergisi, Claude Bolling écrit d'abord un court duo pour le jouer avec son ami, le pianiste classique Jean-Bernard Pommier. Le succès est tel que Pommier lui demande d'en faire une pièce de concert en forme de sonate : la Sonate pour deux pianistes, l'un classique, l'autre jazz, qu'ils enregistrent en 1972.
It doesn't make the career easier, as it pushes one to refuse any compromises. Like him, I have had to pay a high price, but I have absolutely no regrets.Cela ne facilite pas la carrière, car cela pousse à refuser tout compromis. Comme lui, j'ai dû payer le prix fort, mais je ne regrette absolument rien.
De liefde maakt alles goed. Maar vergeet niet dat liefde altijd begint met respect.L'amour répare tout. Mais n'oubliez pas que l'amour commence toujours par le respect.
Er is een dimensie die alles omgeeft. Maar alleen via aandacht kunnen we die dimensie betrekken in ons doen en laten.Il y a une dimension qui enveloppe tout. Mais ce n'est que par l'attention que nous pouvons l'intégrer à nos actes.
Ze zijn verschillend en moeten dat ook zijn, maar tegelijkertijd vullen ze elkaar ook aan omdat de muziek zelf altijd het uitgangspunt is.Ils sont différents et doivent l'être, mais ils se complètent, car la musique elle-même est toujours le point de départ.
Ben je bang? Neem je jezelf niet serieus?As-tu peur ? Ne te prends-tu pas au sérieux ?
The most important thing is what Istomin embodied and continues to represent: an artistic consciousness of great rarity.Le plus important est ce qu'Istomin incarnait et continue de représenter : une conscience artistique d'une grande rareté.
There was a benevolence in him, a deep attention to others, in music and in life.Il y avait en lui une bienveillance, une profonde attention aux autres, dans la musique comme dans la vie.
Steinway grands are unique because of their amazing tone and technical perfection. I wish to play them as often as I can.Les grands Steinway sont uniques par leur sonorité extraordinaire et leur perfection technique. Je souhaite en jouer aussi souvent que possible.
le concert de l'artiste, préparé avec amour et angoisse, l'angoisse de l'inconnu car il ne sait pas où sa musique va le conduireJe suis un régionaliste convaincu.J'ai toujours gardé un pied dans la région.Abstractie is alleen maar een definitie die altijd wordt geformuleerd in relatie tot iets concreets.L'abstraction n'est qu'une définition, et elle se formule toujours par rapport à quelque chose de concret.
Lesgeven, dat is vooral een heel rijke band met jonge collega's. Het maakt de cirkel van het muzikantschap compleet.Enseigner, c'est avant tout un lien très riche avec de jeunes collègues. Cela referme le cercle du métier de musicien.
Maar het leven beslist uiteindelijk. Van het leven moet je de mogelijkheden aangereikt krijgen.C'est la vie qui décide, au bout du compte. C'est la vie qui doit vous tendre les occasions.
You know, we talk a lot, but I hope you can understand something, because I can't always understand what I'm saying.Vous savez, on parle beaucoup, mais j'espère que vous comprenez quelque chose, parce que moi, je ne comprends pas toujours ce que je dis.
I try to understand not what he expects from me, but what he expects from himself.J'essaie de comprendre non pas ce qu'il attend de moi, mais ce qu'il attend de lui-même.
I try to explore with them what their quest is, their daimon, their inner necessity.J'essaie d'explorer avec eux quelle est leur quête, leur démon intérieur, leur nécessité intime.
Bach went to see Buxtehude. Beethoven went to see Haydn. Beethoven went to see Mozart. This notion of transmission is absolutely crucial.Bach est allé voir Buxtehude. Beethoven est allé voir Haydn. Beethoven est allé voir Mozart. Cette notion de transmission est absolument essentielle.
Something new can't come to you if it can't find the support of what preceded you.Rien de neuf ne peut vous venir s'il ne trouve pas l'appui de ce qui vous a précédé.
He had the same philosophy as Casals, or Serkin: either you have talent, or you don't.Il avait la même philosophie que Casals, ou Serkin : ou bien on a du talent, ou bien on n'en a pas.
He put me in touch with the great American pianists and the entire American musical world. He also wanted us to listen to each other as often as possible.Il m'a mis en relation avec les grands pianistes américains et tout le monde musical américain. Il voulait aussi que nous nous écoutions le plus souvent possible.
Я восьмой ребенок в семье сельского органиста маленького местечка Безье.Je suis le huitième enfant d'une famille d'organiste de village, dans une petite ville nommée Béziers.
Мой отец был простым тружеником, но все в нашем роду увлекались музыкой.Mon père était un simple travailleur, mais tout le monde chez nous aimait la musique.
Моей первой учительницей была мадам Козлова, русская по происхождению, воспитанница Харьковской консерватории.Ma première professeure était Madame Kozlova, russe d'origine, formée au Conservatoire de Kharkiv.
Je suis parti pour revenir et je reviens pour partir.Je lui dois tout.Pour Beethoven, la survie est plus intéressante que la vie.J'ai vu petit à petit le message du temps se transformer dans la musique.J'ai dirigé toutes les symphonies et ouvertures de Beethoven, mais le respect du piano commande de faire abstraction de l'imaginaire orchestral.Au XXIe, la crise globale des valeurs ouvre un champ de sensibilité beaucoup plus fragile, et peut-être plus proche du trésor artistique.Rien ne m'a vraiment éloigné de France si ce n'est qu'après Berlin et Moscou, je suis parti aux Etats-Unis pour travailler avec Eugene Istomin, un ami de Pablo Casals, que j'avais connu au Festival de Prades, où je me produisais enfant.Politiek hoort te gaan over harmonie. Over het scheppen van voorwaarden voor alle mensen om die harmonie in zichzelf te vinden.La politique devrait avoir pour objet l'harmonie. Créer les conditions pour que chacun trouve cette harmonie en soi.
There is an invisible guide which takes your hand and brings you to a piece.Il y a un guide invisible qui vous prend la main et vous mène à une œuvre.
Beethoven is still describing, very accurately, what a human being is.Beethoven décrit encore, avec une grande justesse, ce qu'est un être humain.
A musician's life is a big puzzle, and every day you start again, looking for the place of one little piece.La vie d'un musicien est un grand puzzle, et chaque jour on recommence, à chercher la place d'une petite pièce.
We gaan niet copiëren. Deze samenwerking tussen orkest, dirigent en solist is uniek.Nous n'allons pas copier. Cette collaboration entre orchestre, chef et soliste est unique.